« Dans l’ensemble, les risques sur les perspectives de stabilité des prix sont orientés à la hausse, en conséquence une forte vigilance est justifiée », c’est en ces termes que Jean-Claude Trichet, Président de la Banque Centrale Européenne, s’est exprimé à l’issue de la réunion du Conseil des gouverneurs de la BCE la semaine dernière.

La tonalité du propos laisse assez peu de doutes sur la détermination de la BCE à relever ses taux le mois prochain comme elle l’avait déjà réalisé au mois d’avril, même s’il convient de rester encore prudent à quelques semaines de la prochaine réunion de politique monétaire compte tenu de la décrue des anticipations d’inflation, y compris en Allemagne, où la baisse constante du chômage et la bonne orientation de l’activité industrielle peuvent pourtant commencer à faire germer des revendications de hausses salariales.

Le violent contre-pied baissier des marchés actions vendredi a cependant eu raison de ces

perspectives haussières concernant les rendements de la devise européenne. Les opérations de carry-trade initiées couramment par les opérateurs pour bénéficier des différentiels de rémunérations entre les devises, visant à emprunter des devises à faible rendement pour les placer sur des devises ou des actifs financiers à fort rendement sont en effet à double tranchant.

photo 4

En empruntant des dollars à un coût très faible, toute mésaventure ultérieure sur les placements réalisés avec le produit de ces emprunts incite à racheter à la hâte des dollars pour rembourser l’emprunt initial et déboucler au plus vite les prises de positions afin de réduire les pertes.

La demande de dollars est ainsi supérieure lors de ces phases d’élévation de l’aversion au risque en partie donc pour des motifs purement financiers n’ayant pas forcément de liens avec la qualité des publications et annonces américaines ou européennes.

A défaut de déborder franchement 1,47, ce qui correspondait à une réintégration du canal ascendant en d’autres termes, l’euro-dollar s’exposait à un risque de saturation à la hausse le long de la résistance avec un risque de consolidation permanent comme indiqué lors de l’analyse forex de la semaine dernière «la hausse de l’euro déjà consommée ? »

Après avoir passé le début et le milieu de semaine à longer effectivement la résistance avant de consolider, l’euro-dollar sous 1,44-1,4450, qui remet en cause l’orientation haussière, se replace désormais dans une tendance neutre à court terme.

Tout affaiblissement sous 1,43-1,4275 présente le risque d’une accentuation du repli sur les supports long terme.