Juin annonçait des séances décisives pour la paire euro-livre sterling devant le risque de ré-intégrer sous 0,85 £ le canal baissier en place depuis 2009, lors de notre dernière analyse.

La faiblesse de l’euro constatée alors ne remettait pas en cause le scénario de renversement de tendance qui s’était ouvert au tout début du printemps, tant que ce support restait préservé.

Cette tendance haussière bien portée par les différentes moyennes mobiles (à court, moyen et long terme) s’est donc confirmée par l’entremise d’un pull-back sur l’ancienne résistance baissière et a permis de relancer la hausse de la monnaie européenne contre la devise britannique.

Le second semestre 2011 s’ouvre donc sur une confirmation de la tendance haussière de l’euro à moyen-long terme au sein d’un canal ascendant accompagnée d’une meilleure visibilité sur une paire qui en manquait cruellement depuis l’automne 2010.

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Fondamentalement, la seconde crise grecque n’a pas perturbé l’appréciation de la monnaie unique, celle-ci bénéficiant des votes du plan de rigueur 2012-2015 et des privatisations au parlement grec la semaine dernière pour regagner ses plus hauts.

Les plans de rigueur sont également de mise de l’autre côté de la Manche, un élément qui pèse sur la croissance plus fortement que dans la zone euro en moyenne et dont les effets sur l’activité manufacturière ont une nouvelle fois été mis en lumière la semaine dernière.

L’indicateur d’activité industrielle au Royaume-Uni est tombé en juin à son plus bas niveau en 21 mois. Les nouvelles commandes ont fléchi pour le 2ème mois consécutif compte tenu de la faiblesse de la demande interne. Enfin et surtout, dans un contexte de ralentissement économique mondial, en dépit de la faiblesse de la devise britannique qui cotait , rappelons-le, 1 € = 0,60 £ il y a 10 ans, les commandes à l’export sont en chute libre depuis février proches actuellement de la stagnation.

La dévaluation compétitive de la livre sterling pourrait donc être l’une des armes de la politique britannique pour les trimestres qui s’annoncent, ou à tout le moins, un élément qui freinera les volontés de couper trop rapidement la politique monétaire accommodante au risque de voir la livre s’apprécier et affaiblir un secteur à l’exportation déjà bien terne.

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