Les ministres des Finances du G20 vont enterrer les propositions de création d’une taxe bancaire mondiale dans leur déclaration finale attendue samedi en Corée du Sud, a déclaré un haut responsable du Groupe des Vingt.

L’idée de cette taxe était de constituer un fonds d’urgence susceptible de financer de futures opérations de sauvetage du secteur bancaire. Mais certains pays n’ayant pas frôlé de faillite bancaire, comme le Canada, l’Australie et les principaux pays émergents, comme l’Inde et le Brésil, s’y opposaient.

Dans leur communiqué, les ministres des Finances et banquiers centraux s’accorderont sur le principe qu’il reviendra aux banques de supporter le coût de plans de sauvetage et de renflouement pilotés par des gouvernements, mais seulement si ces plans sont nécessaires.

Pas question donc de créer un fonds d’urgence “préventif” financé par cette taxe bancaire.

La déclaration de Busan introduira une nouvelle formulation, reconnaissant que certains pays n’ont pas eu à engager de plans de renflouement de leurs banques et qu’ils pourront par conséquent rechercher d’autres politiques possibles, a ajouté ce haut responsable sous couvert d’anonymat.

LES USA APPELLENT L’EUROPE À CONFORTER SA DEMANDE INTÉRIEURE

Le communiqué soulignera également que la crise de la dette souveraine en Europe rappelle les défis qui attendent encore la reprise économique mondiale.

Dans une lettre à ses homologues rendue publique samedi, le secrétaire américain au Trésor, Timothy Geithner, a souligné que la mise en oeuvre du plan de soutien décidé par les Européens à hauteur de 750 milliards d’euros limiterait les risques.

Mais il a aussi mis en garde: pour préserver le potentiel de croissance, les autres économies de la planète devront compenser le recul de la consommation des ménages américains, qui consacrent une part croissante de leurs revenus à l’épargne.

“Dans ce contexte, nous sommes préoccupés par la faiblesse attendue de la demande intérieure en Europe et au Japon”, écrit-il.

Il distingue notamment les “pays européens excédentaires” – expression qui renvoie essentiellement à l’Allemagne – qu’il appelle à garantir la croissance de leur demande intérieure. Quant à la Chine, autre puissance exportatrice, Geithner estime qu’elle devrait laisser sa devise nationale, le yuan, s’apprécier afin de renforcer le pouvoir d’achat des Chinois.

La déclaration de Busan ne devrait pas mentionner explicitement la question des changes. L’euro a plongé vendredi à son plus bas niveau face au dollar sur ces quatre dernières années, sur fond d’inquiétude de voir la Hongrie s’engager dans un “scénario à la grecque” de crise de sa dette.

Elle insistera par ailleurs sur la nécessité d’un assainissement des finances publiques en soulignant que cette consolidation budgétaire devra être taillée sur mesure en tenant compte des besoins spécifiques de chaque pays.